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NAO 2011 1er bilan... PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 30 Mars 2011 22:23

La politique de la direction

Cette politique salariale, en tant que composante du plan Probasis pour l’accroissement de la rentabilité au service de la création de valeur pour l’actionnaire, est clairement une politique de régression sociale.

Elle consiste à diminuer progressivement et globalement la rétribution du travail au profit de la rétribution du capital. Le cadrage, au niveau Groupe, en l’absence de mobilisation, permet de diviser les filiales et la possible réaction des salariés.

 

Cette politique est assise sur une individualisation accrue des salaires. Après l’introduction des parts variables, c’est la nouvelle politique people first qui conduit à classer les salariés selon diverses catégories : en construction, adéquation, maîtrise…Une catégorie, à part, "inadéquation" sert de tremplin vers l’extérieur…

 

Les augmentations individuelles se font sur la base de ce classement, tout en intégrant la notion de prix du marché. Ceci permet de faire varier les salaires sans repère possible. L’individualisation, c’est la meilleure façon d’opposer les filiales, les salariés les uns aux autres.

 

Les augmentations générales ne concernent que les non cadres et ne compensent pas, loin de là, l’augmentation du coût de la vie.

 

La riposte des salariés…

Elle est venue de la base, dépassant souvent les organisations syndicales.

 

Pour la deuxième année de suite, après leur intégration dans le Groupe, c’est la mobilisation des salariés de Thales Alenia Space qui, devant les bénéfices annoncés pour leur entreprise, a rappelé que les salariés de Thales étaient en droit d’attendre autre chose que les propositions de la direction

C’est la forte mobilisation de Thalès Service qui a obligé la direction à reculer et à proposer des augmentations sensiblement égales aux autres filiales.

C’est le cas aussi des salariés de TED avec l’obtention d’une augmentation générale de 50€ pour les non cadres (quasiment le double de celui des autres filiales) et se traduisant par des augmentations individuelles pour toutes les catégories renouant avec la politique salariale d’avant 2009.

C’est le cas, enfin, des salariés de Thales Communications encore en lutte pour une vraie politique salariale. La mobilisation de Colombes (environ 4000 salariés) regroupant plus de mille salariés dans les assemblées générales décidant des actions à main levée, bloquant l’entrée des sites, est emblématique des possibilités de mobilisation des salariés

 

L’absence de mots d’ordre communs  fédérateurs…

Comme l’an passé, le leitmotiv des revendications est « nous voulons plus que ce que propose la direction ». Pas de chiffrages, absence d’articulation entre augmentation générale et augmentation individuelle.

 

Malgré la campagne menée par SUPPer, là ou elle existe, au moment des élections administrateurs salariés, les organisations syndicales n’ont pas su ou plutôt voulu présenter une plate-forme commune, les courriers de SUPPer aux syndicaux centraux sont restés lettre morte.

L’absence d’une intersyndicale au niveau du Groupe….

 

Contrairement avec ce qui avait pu se passer l’an dernier avec les manifestations régulières unitaires à Neuilly, il n’y a pas eu de vraie intersyndicale.

Il a fallu que les salariés de Thales Service avec leurs organisations syndicales appellent à la manifestation du 3 mars à Neuilly pour qu’une certaine convergence se fasse avec les salariés de TCF et des salariés d’autres filiales sans qu’il n’y ait d’appel national des organisations syndicales (certaines organisations syndicales laissant leurs adhérents sans consigne)

Alors que la lutte des salariés de Colombes continue (manifestation le 28 mars à Neuilly), ils restent isolés sans appel à la solidarité ou mieux encore à les rejoindre dans leur combat.

Ce sont les salariés par leur unité à la base qui déclenchent le mouvement.

Mais il est de la responsabilité des organisations syndicales de mettre tout en œuvre pour amplifier le mouvement dans tous les centres et toutes les filiales avec une plate-forme revendicative commune validée par les salariés unifiant ce mouvement.

Le rapport de forces…

Dans de nombreux centres, les premiers rassemblements ont été peu suivis. Conséquences de la lette de cadrage groupe, une partie des salariés considérait que la partie était jouée avant même d’avoir commencé. La question de l’emploi et la tenue des entretiens annuels en même temps que les NAO tétanisent de nombreux salariés.

La direction positionne volontairement les NAO en même temps que les EAA que lo’on sait traumatisant pour de nombreux salariés. La politique salariale devrait être négociée en fin d’année pour être appliquée dès le 1er janvier.

Mais comment gagner ?

La lutte pour les salaires ne se limite pas aux seules NAO. Il faut s’y préparer dès maintenant et ne pas attendre l’année prochaine.

Dès le mois de septembre, les sections syndicales SUPPer proposeront des assemblées générales pour en discuter avec les salariés et élaborer la plate-forme revendicative.

Il faut refuser la fausse alternative emplois contre salaires. La masse salariale de l’entreprise est le produit des effectifs et du salaire moyen. La volonté des directions de réduire la masse salariale pour accroître les profits (sans pour autant réduire les salaires des cadres dirigeants) est bien le moteur de toutes ces attaques.

Une prochaine initiative à préparer tous ensemble

Mi mai aura lieu l’Assemblée Générale des Actionnaires du Groupe Thales. C’est là où est présenté le partage des richesses que les salariés produisent. C’est là où le dividende réparti entre grands actionnaires vient entériner le gel des salaires et les diminutions des effectifs.

Aux salariés de s’y inviter pour faire entendre leurs voix !

SUPPer y sera présent !

Coordination Nationale de SUPPer

Le 30 mars 2011