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Retraites encore une couche ? Perspectives 2020, 2040, 2060
Écrit par Super-admin   
Lundi, 08 Juillet 2013 10:33

Voir le document qui a fait l'objet d'information des salariés sur cetaines sociétés début septembre "les réformes sur les retraites"

Voir également "préparons la riposte" tract de solidaires appel pour le 10 septembre

Coordination nationale le 17/09/2013

20 ans de contre-réformes :

1993 (réforme Balladur) : la pension est calculée non plus sur les 10 meilleures années mais sur les 25. Résultat mécanique : la pension baisse.

Passage de 37.5 à 40 ans de cotisation.

Indexation des pensions sur les prix et non plus sur l'évolution moyenne des salaires.

Décote de 10% par année manquante jusqu'en 2003. A partir de 2003, cette décote est ramenée à 5% avec 40 ans de cotisation.

1996 : ce sont les régimes de retraites complémentaires (AGIC-ARRCO) qui réduisent le nombre de points accordés chaque année. La valeur de ces points n'est plus indexée sur l'évolution des salaires mais sur celle des prix.

2003 : passage de 37.5 ans à 40 ans pour la fonction publique, indexation sur les prix, décote de 5% par année manquante et, pour tous les salariés, allongement quasi automatique de la durée de cotisation en fonction de l'allongement de l'espérance de vie.

2008 : les régimes spéciaux se rapprochent du régime de la fonction publique; passage de 37.5 à 41 ans en 2016, indexation sur les prix, décote de 5% par année manquante.

2010 : Passage de 60 à 62 ans de l'âge légal, 41.5 ans de cotisation pour les générations nées à partir de 1955, passage de 65 à 67 ans pour être sûr d'avoir un taux plein.

2013 : allongement de la durée de cotisation progressive à 172 trimestres en 2035 donc les baisses des pensions...sont toujours au programme pour ceux qui n'auront pas une carrière pleine

Et pendant ce temps là :

Le déficit des caisses de retraite : Aux dernières nouvelles ce déficit atteindrait 20 milliards en 2015. On est donc loin des 60 à 80 milliards qui échappent au fisc chaque année.

Ces trente dernières années,10 % de la richesse produite (200 milliards) a été transféré de la rémunération du travail vers les profits, soit huit fois le déficit de la caisse primaire d'assurance vieillesse. La seule question est de savoir dans quelles poches vont ces gains de productivité, multipliés par cinq depuis1960?En clair ils sont allés dans la poche des actionnaires.

Le chômage augmente et les cotisations diminuent. En ayant un taux normal de chômage les caisses de retraite seraient en excédent.

Les salariés de + de 55 ans ont de plus en plus de mal à conserver un emploi (6 sur 10 sont sans emploi)

Les femmes ayant souvent des carrières incomplètes sont les premières touchées.

Le montant moyen de pension de retraite est de 1 216€ (1 552€ pour les hommes et 899€ pour les femmes). Réduire ces pensions aboutirait à réduire la consommation et le PIB et la spirale de la récession serait renforcée. 17% des retraités (souvent des femmes) survivent avec moins de 600€ par mois.

Les emplois occupés par les séniors ne sont plus disponibles pour les jeunes.

La durée de vie en bonne santé ne s'accroît pas et même diminue, elle sera sujette à l'augmentation du stress, de la souffrance au travail, de la pollution, de la précarité et à l'augmentation de la durée du travail.

Les niveaux de pension baissent (-20% en 50 ans)

De plus en plus de salariés aux carrières "heurtées" ont du mal à avoir leurs annuités.

Notre démographie est plus favorable que chez nos voisins Européens et pourra contribuer à financer nos régimes de retraite.

La productivité des entreprises continue à augmenter ( +1.5% par an ).

Les réformes successives ont fait que notre système de retraite est devenu un des plus contraignants en Europe si nous tenons compte de la durée de cotisation et des conditions d'accès à une retraite à taux plein.

L'idée sous-jacente est bien de faire baisser les pensions afin que les futurs retraités cotisent une retraite complémentaire auprès d'organismes privés d'assurances ou de mutuelles. Aujourd’hui les retraites représentent un flux de 336 milliards d’euros (2011) qui échappe aux marchés financiers. Il est évident que c'est intolérable pour le capitalisme financiarisé. Mais plus encore, c'est affaiblir notre système de retraite par répartition au profit des retraites par capitalisation qui elles pourraient enfin, selon les marchés, donner libre court à la marchandisation de la vie, de la naissance jusqu'à la mort, et donc à la spéculation sur celle-ci.

La réforme une fatalité liée à l'espérance de vie ?

Les près de deux cent pages de ce rapport tournent autour d'un postulat abondamment développé sous Sarkozy et repris aujourd'hui «Puisque l'on vit plus longtemps, il est donc naturel de travailler plus longtemps».

Théorème immoral s'il en est, puisque si nous le prenons au pied de la lettre cela veut dire que tout progrès humaniste, l'allongement de l’espérance de vie, devrait s'accompagner mécaniquement d'une régression sociale par un allongement dans les mêmes proportions de la durée du travail. Pure escroquerie intellectuelle que rabâchent du matin au soir des «spécialistes» comme dirait Coluche et des journalistes incultes et bavards. C'est à l'évidence ne pas mettre l'Humain d'abord au centre des préoccupations sociétales! Dans cette équation purement comptable à la sauce Medef, il faut savoir que c'est l’espérance de vie en bonne santé qui détermine le temps pendant lequel le ou la retraitée «profite» de sa retraite. Or, les chiffres de l'Institut National des Études Démographiques (INED) sont sans appel. Si l’espérance de vie chez les femmes est de 84 ans et de 78 ans chez les hommes, l’espérance de vie en bonne santé régresse ces dernières années. Elle est de 64 ans pour les femmes et de 62 ans pour les hommes, avec de fortes disparités; pour l'ouvrier elle serait de 59 ans alors que pour le cadre elle s'établirait en moyenne à 69 ans.

La retraite, c'est aussi une question de partage du travail!

La population dite active, c'est à dire l'ensemble des personnes ayant ou recherchant un travail, augmente de 0,7% sur un an, en partie à cause du maintien au travail des séniors.

En 5 ans, alors que le taux d'activité des 55 / 64 ans est passé de 40% à 48,3%, le taux de chômage des plus de 50 ans a augmenté de 66%.

Les jeunes rentrent de plus en plus difficilement sur le marché du travail. En 5 ans, le taux de chômage des -25 ans est passé de 18,3 à 24,2%. 80% des embauches sont en CDD.

Retarder l'âge de départ à la retraite représente :

  • une aberration sociale qui prive d'emploi les jeunes et qui contraint au travail celui qui voudrait partir.
  • Une aberration économique également puisqu'en créant des chômeurs supplémentaires, le recul de l'âge de la retraite ne fait que déplacer le problèmes des déficits sociaux de la caisse de retraite vers la caisse de chômage.

La population, actifs et retraités, n'ont pas à payer la crise

Ni à rembourser la dette provoquée par des dizaines d'années de politique fiscale favorisant les plus riches. C'est ce qui est reconnu par les rapports commandés par le dernier gouvernement. Si la politique fiscale était la même qu'en 2000, sans les baisses d'impôts et les cadeaux, 100 milliards supplémentaires rentreraient chaque année dans les caisses de l'état. La fraude fiscale est estimée entre 60 et 80 milliards par an.

Mise à jour le Mardi, 17 Septembre 2013 16:22